Top des films de Christopher Nolan

À l’occasion de la sortie de L’Odyssée, c’est le moment de revenir sur la filmographie de Nolan et tenter l’impossible : classer tous ses longs-métrages…

Classer les films de Christopher Nolan, c’est presque un exercice de facilité… non pas parce que ses films sont faciles à départager, mais parce que le gars nous pond banger sur banger depuis des années.

À chaque sortie, c’est un événement, et aujourd’hui, difficile de contester son statut de réalisateur le plus en vogue du moment. Entre succès critiques, cartons au box-office et ambition démesurée, Nolan s’est imposé comme une référence incontournable du cinéma.

À l’occasion de la sortie de L’Odyssée, c’est donc le moment idéal pour revenir sur sa filmographie et tenter l’impossible : classer tous ses longs-métrages, du “moins bon” au meilleur.

13. Following, le suiveur (1998)

Bon, en dernier, on retrouve le premier film de Nolan. Et forcément, ça sent le film fait avec trois bouts de ficelle. Following est fauché, bricolé, tourné avec une équipe minuscule… mais on voit déjà pointer ce qui deviendra la grande obsession du bonhomme : les manipulations, les identités qui se mélangent et les histoires racontées dans tous les sens.

Le problème, c’est que Nolan n’a pas encore les moyens de ses ambitions. C’est intéressant, plutôt malin par moments, mais ça reste un petit film, avec une réalisation encore assez maladroite et une intrigue qui fait surtout office de brouillon de ce qu’il fera beaucoup mieux par la suite.

Pas honteux pour autant. C’est même plutôt fascinant de voir le début de ce grand monsieur. Mais face à la suite de sa filmographie, il ne pouvait pas vraiment finir ailleurs qu’ici.


12. Dunkerque (2017)

Je vais me mettre la moitié des fans de Nolan à dos : je n’aime pas Dunkerque. Voilà, c’est dit.

Je trouve ça lent, parfois même franchement chiant, et surtout je n’accroche pas du tout à cette idée des trois temporalités qui finissent par raconter la même chose. Je comprends le concept, mais chez moi, ça ne crée pas de tension : ça me sort du film. Au lieu de me faire vivre la bataille de manière plus intense, cette construction me donne parfois l’impression de regarder un “exercice de style”.

Alors oui, c’est beau, la mise en scène est évidemment impeccable et Nolan sait toujours poser une ambiance. Le son, la photographie, les plages, les avions : tout est parfaitement maîtrisé. Mais j’ai beau reconnaître toutes ses qualités, je reste complètement à côté.

Bref, Dunkerque, je comprends totalement pourquoi certains le vénèrent, mais chez moi, ça ne prend pas


11. Tenet (2020)

Sans doute le film le plus jusqu’au-boutiste de Nolan dans son rapport au temps. Et justement, il va trop loin… Tenet finit même par donner l’impression que Nolan joue tout seul à son propre jeu, dont lui seul connaît les règles, pendant que nous, pauvres mortels, essayons simplement de comprendre ce qui se passe.

Le film assomme par sa complexité, au point qu’on finit par décrocher. Et cette musique de Ludwig Göransson beaucoup trop bourrine n’aide franchement pas à reprendre son souffle. On comprend qu’il y a un truc de dingue qui se passe, mais on ne comprend pas forcément lequel.

Je reconnais évidemment les qualités formelles : c’est spectaculaire, ambitieux, la mise en scène est encore une fois impressionnante. Mais est-ce que j’ai pris du plaisir devant Tenet ? Pas vraiment. C’est un immense casse-tête dont on ne résout même pas l’énigme, parce qu’on n’a déjà pas compris l’énoncé.


10. Insomnia (2002)

On arrive sur un film assez mineur dans la filmo de Nolan. D’ailleurs, si on ne savait pas qu’il était derrière la caméra, pas certain qu’on le devinerait. Sa patte est beaucoup moins présente et Insomnia ressemble finalement davantage à un thriller mainstream bien foutu qu’à un vrai film de Nolan…

Il y a quand même déjà ce rapport au temps qui pointe le bout de son nez, avec cette nuit qui ne tombe jamais et qui finit par complètement faire vriller tonton Pacino. Mais surtout, le film peut compter sur ce duel Pacino-Williams absolument réjouissant, qui lui donne une bonne partie de son intérêt.

Ça se regarde très bien, c’est propre, efficace, mais ça ne laisse pas une trace énorme. Un bon thriller, mais un petit Nolan. Et c’est déjà pas si mal.


9. The Dark Knight Rises (2012)

Le moins bon de la trilogie, clairement. Ça reste un gros spectacle, avec de sacrés morceaux de mise en scène (la scène d’ouverture est folle) et un Bane qui en impose, mais en tant que conclusion, je reste franchement sur ma faim.

Le film veut tellement raconter de choses qu’il part un peu dans tous les sens. Les arcs narratifs s’empilent, certains personnages sont expédiés, d’autres prennent une place qu’ils n’arrivent pas vraiment à justifier, et tout ça donne un ensemble beaucoup moins maîtrisé que les deux précédents.

Et puis il y a Marion Cotillard. Sa prestation dans les dernières minutes est tellement à côté de la plaque qu’elle devient presque involontairement drôle. Elle ne plante évidemment pas tout le film à elle seule, mais elle lui colle quand même un sacré coup de pelle au moment où il fallait surtout réussir son atterrissage.

Bref, un Batman qui reste largement recommandable, mais après Batman Begins et surtout The Dark Knight, la chute est quand même assez nette.


8. Batman Begins (2005)

Premier Batman de Nolan, et surtout le film qui a remis le personnage en selle après les immondes merdes de Schumacher. Rien que pour ça, respect ! Nolan reprend le perso à zéro, vire le côté kitsch des précédents et décide enfin de nous montrer un Batman qui ressemble à autre chose qu’un gosse de riche en lycra.

Et puis il y a déjà ce qui deviendra une des grandes obsessions de Nolan : ancrer son cinéma dans le réel.

Et ce que j’aime surtout ici, c’est l’aspect origin story. Bruce Wayne, sa peur, sa formation, sa transformation en Batman : tout est posé avec sérieux, sans que le film oublie pour autant de raconter une vraie histoire. Gotham a une vraie gueule, Christian Bale est parfaitement casté et Liam Neeson fait un Ra’s al Ghul plutôt classe.

Alors oui, le film a un petit coup de mou dans sa deuxième partie et le final est moins mémorable que ce que Nolan fera ensuite. Mais Batman Begins, c’est la fondation de toute la trilogie. Sans lui, pas de Dark Knight. Et rien que pour ça, il mérite largement cette place.


7. Memento (2000)

Là, on entre vraiment dans le Nolan pur jus. Un mec amnésique, une histoire racontée à l’envers, des tatouages, des Polaroïds et un réalisateur qui semble prendre un malin plaisir à nous perdre dans son propre labyrinthe.

Memento, c’est surtout le premier film où on voit vraiment ce qui va devenir la grande obsession de Nolan : le temps, la mémoire et notre rapport à la réalité. Et contrairement à Tenet, ici, la mécanique fonctionne à merveille. Le concept n’est pas là juste pour nous faire dire « waouh, c’est compliqué », il sert directement l’histoire et nous met dans la tête de Leonard.

C’est malin, retors, parfaitement construit et le film réussit son petit numéro jusqu’au bout. Mais voilà, il lui manque ce que j’aime le plus chez Nolan : le spectacle. C’est plus sec, plus intimiste, forcément moins spectaculaire que ce qu’il fera par la suite. Et dans ma petite hiérarchie personnelle, ça compte.


6. Oppenheimer (2023)

Alors oui, je sais que je vais encore me faire taper dessus. Mettre Oppenheimer seulement sixième, alors que le film a raflé des récompenses et que tout le monde l’a placé au sommet de la filmo de Nolan ? Désolé, mais c’est comme ça.

Parce que Oppenheimer, oui, c’est du très grand Nolan. C’est ambitieux, dense, extrêmement bien écrit et porté par un Cillian Murphy absolument immense. Et puis il y a cette scène de l’explosion… quelle claque. Le choix de la filmer « en vrai » permet à Nolan de rendre l’instant presque physique.

Ludwig Göransson signe une partition absolument géniale, qui accompagne le film sans jamais lui marcher dessus et qui contribue énormément à cette tension permanente.

Mais voilà, malgré toutes ses qualités, je reste un peu moins accroché que devant ses autres films. C’est passionnant, brillant, parfois vertigineux, mais aussi très bavard et forcément moins « spectacle » que ce que j’aime chez Nolan. Je respecte énormément le film, mais je l’aime un peu moins… Pardon !


© UNIVERSAL STUDIOS

5. L’Odyssée (2026)

Bon, là, Nolan joue carrément dans une autre cour. Prendre L’Odyssée d’Homère et en faire un blockbuster de 200 millions de dollars parti pour exploser les compteurs au box-office, fallait quand même oser. Des dieux, des monstres, des bateaux, des grottes mystérieuses… le mec s’est offert le bac à sable ultime pour assouvir sa passion du grand spectacle.

Et visuellement, ça envoie du lourd. Nolan filme dans son format roi, l’IMAX 70mm, privilégie encore une fois le réel, les décors naturels, les effets pratiques… On sent le pognon à l’écran, mais surtout l’envie de faire les choses en grand. Certaines séquences sont franchement impressionnantes.

Mais voilà, j’ai quand même un vrai regret : ça manque d’émotion ! Tout est gigantesque, impressionnant, maîtrisé… mais j’aurais aimé être davantage touché par le voyage d’Ulysse, par son retour, par ce qu’il laisse derrière lui. J’admire énormément le film, mais je ne l’ai pas aimé autant que je l’aurais voulu.


4. Inception (2010)

Alors là, on commence à attaquer le très, très lourd. Inception, c’est probablement le film qui résume le mieux tout ce que j’aime chez Nolan : un concept complètement dingue, du grand spectacle, un scénario qui demande un minimum de neurones, mais qui reste suffisamment limpide pour qu’on ne soit pas complètement largué au bout de vingt minutes (contrairement à Tenet).

Nolan part quand même d’une idée de génie : les rêves. Un truc que tout le monde connaît, puisque tout le monde en fait, mais qu’il transforme ici en terrain de jeu complètement fou. Les rêves dans les rêves, le temps qui se dilate, le couloir qui part en apesanteur, Paris qui se plie sur elle-même… bref, le réal’ a des idées à la pelle et il les met toutes à l’écran.

Et puis il y a la musique de Hans Zimmer, qui est sans aucun doute dans le top 5 de ses meilleures compositions. Elle colle parfaitement au film, accompagne chaque montée de tension et est tellement liée à l’univers d’Inception qu’elle fonctionne même en dehors.

Et si Inception n’est que quatrième, c’est tout simplement parce que chez Nolan, il y a encore meilleur que ce petit bonbon. Ça en dit long sur le niveau…


🥉 3. The Dark Knight (2008)

Bon, soyons clairs les amis : pour moi, c’est le meilleur film de super-héros jamais réalisé. Oui, même devant Spider-Man 2. Et pourtant, j’adore Spider-Man 2. Mais The Dark Knight joue carrément dans une autre catégorie.

Parce que Nolan réussit un truc assez rare : faire un immense film de genre qui dépasse complètement son genre. Batman et le Joker sont évidemment au centre, mais le film emprunte autant au thriller policier qu’au film de gangsters. Gotham devient une vraie ville criminelle, avec ses flics, ses pourris, ses braquages et sa violence.

Et évidemment, il y a Heath Ledger. Son Joker est devenu légendaire pour une raison (notamment) : il ne cherche pas à être impressionnant, il est juste profondément imprévisible. On ne sait jamais ce qu’il va faire, ni même s’il a réellement un plan. Et cette incarnation donne au film une tension que peu de blockbusters ont réussi à retrouver depuis.

Le film ne repose pas uniquement sur son statut de film de super-héros. C’est un grand film tout court. Et c’est probablement ça qui explique pourquoi il tient aussi bien presque vingt ans plus tard.


🥈 2. Interstellar (2014)

Alors celui-là, je peux le revoir encore et encore sans jamais m’en lasser. C’est probablement aussi celui qui me met le plus régulièrement une petite claque émotionnelle. Autrement dit, oui, au ciné, j’ai chialé. Et c’est pas si fréquent.

Parce que Nolan fait ici ce qu’il sait faire de mieux : prendre une idée complètement gigantesque et la ramener à quelque chose de profondément humain. Le voyage spatial, les trous noirs, la relativité, les mondes inconnus… tout ça est évidemment démesuré, mais au fond, Interstellar parle surtout d’un père qui veut retrouver ses enfants. Et c’est ça qui fait toute la différence.

Nolan filme l’espace comme personne, avec cette obsession du réel qui rend chaque image encore plus folle. Et Hans Zimmer, encore lui. Cette partition à l’orgue est absolument monumentale. Il y a des scènes où la musique fait la moitié du boulot émotionnel à elle seule !

Interstellar est donc le Nolan qui me touche le plus. S’il n’est pas premier, c’est simplement parce que le numéro 1 est encore plus personnel pour moi. Mais c’est clairement l’un de ces films dont je suis heureux de pouvoir dire : je l’ai vu au cinéma.


🥇 1. Le Prestige (2006)

Ce filme, je l’aime d’amour.

Le Prestige, c’est peut-être le Nolan le plus représentatif de tout ce qu’il aime raconter : le temps, les faux-semblants, la manipulation, l’obsession et surtout notre incapacité à voir ce qu’on a pourtant sous les yeux. Tout est là, mais Nolan prend un malin plaisir à nous faire regarder ailleurs.

Parce que son véritable tour de magie est peut-être celui-ci : il nous donne les clés dès le départ. On les voit, on les entend, mais on ne comprend leur importance qu’une fois le rideau tombé. Et quand le film révèle enfin ses cartes, tout ce qu’on croyait avoir compris se retrouve remis en question.

Le casting est royal, avec en tête les deux amis devenus rivaux, Christian Bale et Hugh Jackman, qui portent le film à eux seuls. L’ambiance est dingue, Michael Caine est évidemment parfait, David Bowie débarque en Nikola Tesla comme si c’était la chose la plus normale du monde… et tout fonctionne.

Et puis il y a le revisionnage. Une fois que tu connais le tour, tu ne regardes plus le film de la même manière. Tu repères les indices, les détails, les petites choses que Nolan avait tranquillement déposées sous ton nez. Et tu comprends que le film ne t’avait jamais trompé : c’est toi qui n’avais simplement pas regardé au bon endroit !

Un chef-d’œuvre.

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